Sophie Lavois
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L’importance de l’accompagnement émotionnel de la naissance

💻 En plein travail de refonte de mon site Internet, je redécouvre ce texte de Chantal Ducroux-Schouwey sur l’importance de l’accompagnement en salle de naissance :

💉 « Une jeune femme, complètement paniquée à la pensée des piqûres avait choisi d’accoucher dans l’eau, non par « idéologie » mais simplement se disant que dans l’eau, personne n’oserait lui faire quelque chose !!!

🚙 De Nancy, elle vient accoucher sur Lyon. Le jour J, les contractions commencent. Elle et son ami sont en salle d’accouchement, libres de tous mouvements avec possibilité de détente en eau… Seulement la jeune femme n’arrive plus à « encaisser » la violence des contractions, elle est surprise par leur force – elle n’a fait aucune préparation à l’accouchement – et finalement, malgré une présence attentive et respectueuse de la part de la sage-femme, demande la péridurale au bout de six heures.

👩🏻‍⚕️ Seulement voilà, elle est à « 6 cm ». Deux heures après, rien n’a évolué. La jeune femme soulagée, s’endort, elle n’est plus en « phase » avec ce qui se passe. La gynéco qui est là, apprend qu’elle me connait. Elle sent que cela n’avance pas et décide de m’appeler, m’indiquant qu’elle fait préparer la salle de césarienne car le travail n’évolue pas mais qu’elle pense que je pourrais peut-être « remotiver » cette mère.

En effet, lorsque j’arrive, il est évident que cette femme est complètement déconnectée de son accouchement, les contractions se succèdent mais rien ne bouge. Je fais court… La gynéco me laisse seule avec la mère et je peux discuter avec elle tranquillement. Elle m’explique qu’elle est contente, qu’elle ne sent plus rien, qu’elle se repose et que cela va bien se faire tout seul.

👶🏻 Et moi, de la convaincre que non, cela ne va pas se faire tout seul, sans son aide à elle, il faut absolument qu’elle se remette en relation avec son corps, avec son bébé… Alors que nous parlions, que nous chuchotions depuis dix ou quinze minutes, elle me dit : « j’ai envie d’aller à la selle ». Mais non, petite maman, c’est bébé qui arrive ! La gynéco est arrivée elle aussi, tout juste pour accueillir le bébé.

👌🏻 Tout ce petit discours en dit long sur le rôle de l’accompagnement… »

💖 Ce texte date de février 2010. Chantal Ducroux-Schouwey était (entre autres) présidente du Ciane – Collectif Inter-Associatif autour de la Naissance, et elle est décédée le 5 octobre 2017 des suites d’un cancer.

🔍 Alors oui, l’accompagnement émotionnel dans le moment de l’accouchement est une douceur inestimable qui ne devrait pas être un luxe. Réfléchir aux conditions de naissance, préparer celles que l’on veut pour soi, cela se travaille *avant* l’accouchement.

Accoucher à l’hôpital n’est pas obligatoire

Aucune donnée scientifique ne confirme la thèse selon laquelle le choix le plus sûr pour toute femme serait d’accoucher à l’hôpital (…) Par contre, des études montrent (…) que la morbidité est plus élevée parmi les mères et les bébés nés et suivis dans une institution en général (…) et tout particulièrement dans les services obstétricaux.

(Campbell et Macfarlane, 1986. Cité par Henci Goer : Traduction de Home birth, in H. Goer, Obstetrical myths versus research realities. A guide to the medical litterature. Westport : Bergin et Garvey, 1995, chapitre 17, p. 331-347.)

Quand on prend connaissance de cela, ça pose les choses. Pourtant, aujourd’hui, la question du lieu d’accouchement ne relève plus vraiment d’un choix personnel dans le sens où plus de 95% des naissances ont lieu à l’hôpital. On y accouche sans considérer d’autres possibilités. « C’est comme ça, c’est pas autrement » se disent bon nombre de femmes, même si elles rêvent « d’autre chose » en secret.

La grande difficulté pour celles qui ont envie d’un accouchement à la carte, personnalisé et respectueux de la physiologie, est de devoir subir d’emblée toute une batterie de protocoles, plus basés sur des habitudes de service et de gestion que sur la réelle sécurité*. Mal ou peu informée, la femme tombe le plus souvent dans les rouages de l’hypermédicalisation, sans comprendre les tenants et les aboutissants de l’enchaînement des gestes, de l’engrenage hypermédical et de la prise en charge.

*voir à ce sujet mon livre La naissance autrement qui explique les protocoles et comment les aménager, créer son projet.

Beaucoup de femmes se sentent coupables de ne pas avoir réussi à accoucher (sans forceps, sans péridurale, sans épisiotomie…) ou à l’inverse reconnaissantes envers un système qui les a peut-être mises en échec : « Heureusement que j’étais à l’hôpital sinon mon bébé – ou moi – serait mort ». Une bonne information, afin de décider en conscience – et non simplement subir – reste la base d’une bonne préparation à la naissance !

Renseignez-vous sur les protocoles en vigueur, les habitudes et les pratiques médicales locales du lieu où vous envisagez d’accoucher.

Par exemple si on vous dit que dans le service il y a 60% d’épisiotomies et qu’elles ne sont pas systématiques, c’est de l’intox ! Ou encore si on vous dit qu’il y a 90% de péridurale mais que c’est à la demande, même chose !) …

Voici quelques exemples, histoire de montrer les disparités (source des chiffres). Et au vu de la mise à jour de cet article je peux même montrer combien l’hypermédicalisation est galopante ces dix dernières années :

  • Paris (75) Clinique de la Muette :
    1300 accouchements
    97 % de péridurales
    40% de césariennes
    (Sensiblement les mêmes chiffres qu’en 2007. Clinique où le déclenchement pour convenance est beaucoup pratiqué, ce qui explique les chiffres énormes de césariennes)
  • Paris (75) Maternité des Bluets :
    2600 accouchements
    79 % de péridurales,
    14 % de césariennes
    (Un taux de péridurales fort, mais plutôt bas en ce qui concerne les césariennes, vu les autres exemples)
  • Enghien les Bains (95) Clinique de Girardin :
    900 accouchements
    87 % de péridurales
    28 % de césariennes
    (14 % en 2007 pour sensiblement le même nombre de naissances et de péridurales : donc ça a doublé en dix ans !)
  • Bordeaux (33) Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine :
    3200 accouchements
    94 % de péridurales
    23 % de césariennes
    (Respectivement 2050 accouchements, 24 % de péridurales et 20 % de césariennes en 2007. Après une refonte des lieux de naissances sur la ville, le public n’est plus le même mais ça n’explique pas le taux de péridurales qui a explosé en dix ans)
Préparez un projet de naissance, et faites-vous accompagner par des personnes ressources compétentes.

Il y a des lieux qui font de réels efforts pour informer le public et proposer des alternatives au « pack naissance ». Il y a des équipes qui attendent que les parents s’impliquent et aient des demandes « sans s’en remettre totalement et aveuglément en la médecine ou le pouvoir médical » …

Prenez conscience de vos droits de patients.

Lois du code de santé publique et code civil, charte des droits de la personne hospitalisée, recommandations de la haute autorité de santé etc. Informez-vous via Internet bien sûr, auprès d’accompagnantes à la naissance (doulas, accompagnantes, consultantes …) et auprès de professionnels de santé formés à la physiologie : les sages-femmes. Échangez avec d’autres parents (associations, rencontres, listes de discussion…). Ne restez pas sur des a priori.

Enfin, l’accouchement respecté est davantage une question de confiance en soi et de personnes plutôt que de lieu.

En effet, ce n’est pas parce qu’un lieu est réputé « nature » qu’il en sera ainsi de votre accouchement : cela dépend de l’équipe de garde. Parfois rien ne sert d’aller à l’autre bout du monde pour tenter d’avoir la garantie d’un accouchement naturel qui sera peut-être plus médicalisé que dans un lieu moins connu mais plus à l’écoute :

telle femme est par exemple partie accoucher à Ostende pour accoucher dans l’eau, mais a eu des injections d’hormones pour accélérer l’accouchement et une épisiotomie sous l’eau ; telle autre aura été dans la structure locale qui offre le bénéfice d’une baignoire, et l’expulsion aura eu lieu dans l’eau inopinément, sans gestes déplacés…

Accoucher à l’hôpital n’est pas obligatoire !

On en le sait pas assez mais il est possible d’accoucher à domicile, en maison de naissance ou en plateau technique : c’est effectivement à l’hôpital mais il a lieu avec la sage-femme qui a suivi la grossesse, qu’on a choisie et qui a accès à une salle pour accompagner ses patientes au sein de la structure médicale. Puis elle continue le suivi en suites de couches : c’est ce qu’on appelle l’accompagnement global. Voir le répertoire des sages-femmes sur ce site.

Sophie Gamelin-Lavois

Comment 11 accouchements m’ont fait découvrir ce qu’est la naissance

Je vais vous raconter mon parcours, mon histoire, mon chemin ; mon expérience personnelle de la naissance de mes enfants. Un parcours crescendo, mes défaites, mes victoires, un tout, qui a fait que cette merveilleuse expérience soit ma vie.

Vers l’enfantement.
Témoignage de K. : une femme, mère, épouse, fille, sœur, grand-mère…

Je vais vous raconter mes intuitions de femme, mes choix, parfois pris à deux avec mon époux qui a toujours été là pour m’encourager, me soutenir, pour m’aider tout simplement et je le remercie grandement.

Parent d’une fratrie de 11 bambins, j’ai bien mis au monde 11 enfants, mais pas tout à fait de la même manière, pas dans le même état d’esprit, ni dans les mêmes conditions. C’est pour cela que je parle de parcours. Aucune naissance ne ressemble à une autre, c’est à chaque fois différent. Tout comme les grossesses sont différentes aussi.

Je pourrais qualifier les naissances par différents noms, opération pour ce qui est de la naissance par césarienne, accouchement ou enfantement. Voici une sorte de résumé de chaque naissance :

1ère Naissance

J’ai accouché de mon premier enfant dans un hôpital parisien. J’avais vingt ans, j’ai su plus tard que cet hôpital avait la réputation de faire des césariennes gratuitement c’est-à-dire sans motif valable. J’ai donc eu mon premier bébé par césarienne. Pour moi cette expérience aura été une souffrance physique, émotionnelle et sentimentale à cause de la séparation imposée avec mon bébé à peine né, l’échec de l’allaitement, car je souffrais tellement que je ne pouvais pas songer à la possibilité d’allaiter mon fils et peut-être plus encore.

Le bon côté est qu’ayant vécu la césarienne je sais de quoi je parle quand je parle de césarienne et je suis aussi la preuve vivante que l’on peut tout à fait accoucher par voie basse après ! Cela s’appelle un AVAC. Accouchement par Voie basse Après une Césarienne. Et ce, à 19 mois d’intervalle entre la césarienne et la naissance de mon second enfant.

Il faut dire qu’à cette époque je n’avais aucune connaissance, aucune information sur le sujet de l’accouchement, ni personne de mon entourage pour m’aiguiller. Pour moi l’accouchement se passait à l’hôpital sous autorité protocolaire point barre. Erreur fatale…

(Expérience césarienne)

2ème Naissance

La naissance de mon deuxième enfant, 19 mois après la césarienne, se passe toujours dans le même état d’esprit, c’est-à-dire : direction l’hôpital, point barre. Mais dans un autre hôpital.

J’ai eu la chance cette fois-ci de tomber sur des personnes qui m’ont laissée cette chance d’accoucher par voie basse. J’avais fait un AVAC sans le savoir.

J’ai accouché par voie basse sous péridurale avec une belle épisiotomie en prime, mais au moins j’avais échappé à la césarienne. Je peux dire que l’épisiotomie c’est douloureux. J’en ai bien souffert, j’ai même eu une infection, car les fils étaient trop serrés. Je ne garde pas un bon souvenir de cet accouchement, ni même du premier d’ailleurs.

(Expérience épisiotomie) (Expérience AVAC)

3ème Naissance

Pour la naissance de mon troisième enfant, j’avais peur d’avoir une autre épisiotomie. J’avais fait part de ma peur à une amie qui m’avait donné une piste que je n’ai pas hésité à mettre en action. Un ultime conseil. Le tuyau de l’année, qui en plus avait fonctionné.

Elle m’avait affirmé que si je ne faisais pas la péridurale je n’aurais pas d’épisiotomie. Pas de péri pas d’épisio ! Ah ok, ben je vais faire ça !

Je suis donc arrivée à l’hôpital déterminé à ne pas faire la péridurale. J’ai tenu le coup, j’ai résisté à la péridurale malgré la douleur et les découragements de la part du service hospitalier, car pour eux la péridurale est un moyen de vous faire taire afin de pouvoir prendre la pause-café tranquillement.
Eh oui une femme qui gémit c’est fatigant…

Bref. Résultat des courses un accouchement assez rapide, sans péridurale, sans épisiotomie. Une victoire pour moi ! Le bonheur ! Pour moi c’était une évidence la péridurale était devenue mon ennemie.

(Expérience sans péridurale)

4ème Naissance

Accouchement à l’hôpital sans péridurale, par voie basse, sans épisiotomie, mais tout de même contrainte de rester allongée sur le dos. Rien de pire pour déguster les contractions douloureuses.

5ème Naissance

La routine. J’ai passé pas mal de temps à la maison avec les contractions avant de me rendre à l’hôpital, pour pouvoir être libre de mes mouvements, car j’avais pu remarquer avec le temps que ça ne servait à rien d’arriver trop vite à la maternité : il valait mieux faire une partie du travail tranquille à la maison.

Contractions douloureuses – voiture – hôpital – bonjour madame c’est pour accoucher sans péri sans épisio merci !

6ème Naissance

Entre temps j’ai pris connaissance qu’il était possible d’accoucher à domicile avec une sage-femme libérale. Pour des questions de commodités, le concept m’a de suite séduite. C’est sans hésitation et avec le soutien de mon époux que je me suis lancée dans cette aventure, une nouvelle expérience.

J’ai pris contact avec cette sage-femme libérale, qui m’a suivie pendant ma grossesse. Et le jour de la naissance, elle m’a accompagnée. J’ai mis au monde mon 6ème enfant dans ma chambre à coucher, sur le matelas au sol, la sage-femme accroupie pour réceptionner le bébé : une expérience inoubliable, la joie, le bonheur, la fierté, la victoire !

J’ai pu me promener dans mon salon pendant mes contractions douloureuses. J’ai pu être avec mes enfants, mon mari, j’ai pu manger boire, être à l’aise. Être chez moi, dans mon foyer, fut le meilleur endroit au monde. Et le plus fort, c’est que les enfants ont pu voir leur petit frère de suite, quelques minutes après la naissance, c’était magique !

La sage-femme au top, qui fait son métier avec amour, qui est là dans un petit coin de la pièce pour ne pas trop déranger, qui par sa présence rassure… Elle m’avait d’ailleurs fait une confidence qui en dit long. Elle m’avait confiée que de toute sa carrière elle n’avait jamais fait d’épisiotomie à une patiente. C’était mon premier AAD. Accouchement À Domicile

(Expérience accouchement à domicile)

7ème Naissance

Pour la naissance de mon 7ème enfant j’étais à l’étranger, et la loi du pays interdisait l’accouchement à domicile. J’ai été contrainte de retourner à l’hôpital où je me suis battue – façon de parler – avec le corps médical pour imposer mes choix. Chose qui n’a pas était facile.

Disons que j’ai eu un accouchement assez rapide sans péridurale et sans épisiotomie, mais après avoir eu le luxe de donner naissance à la maison, pour moi l’hôpital c’était du deuxième choix, un endroit hostile, inconfortable, où l’on nous impose un protocole, une usine quoi !

(Expérience naissance à l’étranger)

8ème Naissance

Je venais d’emménager dans un nouveau pays (j’ai vécu dans plusieurs pays). Je n’ai pas eu le temps de trouver une sage-femme pour m’accompagner,  et à 7 mois de grossesse je me suis donc tournée vers une clinique privée avec une sage-femme qui a suivi la fin de ma grossesse et qui m’a fait accoucher avec son équipe.

Le jour J je suis arrivée trop tôt dans son service, car j’avais perdu les eaux à la maison, mais je n’avais pas de contraction, une fissure plus exactement. Je me suis donc précipitée (erreur fatale) et j’ai eu droit à un accélérateur de contractions. Je peux vous dire que j’ai douillé comme jamais. J’ai su plus tard que l’on pouvait attendre 2 ou 3 jours en cas de fissure de la poche des eaux à condition de ne pas faire de bain ni de toucher vaginal, car l’eau se reconstitue.

J’ai accouché sans péridurale, avec une bonne dose de syntocinon (accélérateur de contraction) sans épisiotomie. Je commence à avoir une aversion pour l’hôpital.

9ème Naissance

Pour la 9ème naissance, j’ai découvert que certaines femmes ont fait le choix d’accoucher à la maison sans assistance médicale. Ça s’appelle un ANA. Accouchement Non Assisté

Ce concept m’a beaucoup intéressée. Je me suis penchée sur le sujet. Je me suis beaucoup documentée, sur Internet j’ai lu beaucoup de témoignages. Franchement, la lecture de témoignages m’a bien motivée, j’ai lu tout ce que j’ai pu sur le sujet de l’ANA et je me suis lancée. J’étais convaincue, déterminée, préparée, car cela demande une préparation psychologique, on ne décide pas ça sur un coup de tête « Tiens, je vais accoucher toute seule ». Il faut une bonne documentation et une bonne préparation.

Je me suis documentée sur l’expulsion du placenta, comment couper le cordon ombilical, etc. La documentation et la préparation sont les clés pour réussir : que ce soit pour un accouchement en milieu hospitalier, un AAD ou un ANA. Il faut avoir aussi une certaine confiance en soi, avoir du soutien aussi c’est très important (de la part de l’entourage ou de personnes de confiance).

Plus vous vous documentez et plus vous gagnez en conviction et en confiance en soi. L’information est primordiale.

Pour mon 9ème enfant, j’ai donné naissance chez moi dans ma salle de bain à quatre pattes
sans assistance médicale, en compagnie de mon mari que j’avais briefé sur le sujet de la naissance naturelle, la naissance dite physiologique.

Car effectivement quand personne n’intervient dans le processus de l’accouchement on parle d’accouchement physiologique. Mon premier accouchement physiologique fut un moment intense
avec des peurs, des doutes jusqu’à la fin. Ce fut la concrétisation d’un choix, une liberté, un événement, un moment de bonheur de joie et de réussite et de fierté encore une fois, une confirmation, une indépendance, une expérience inoubliable gravée à jamais.

(Expérience accouchement non-assisté)

10ème Naissance

Cette fois je sais où je vais, j’ai l’expérience, un peu de documentation avant l’arrivée du jour J pour me remettre dans le bain. J’ai juste à choisir dans quelle pièce je vais donner naissance. Je prépare ma bulle, je pose un petit matelas au sol par-dessus un plastique pour ne pas tacher le matelas.

J’ai ma petite bassine pour le placenta, je passe mes contractions douloureuses dans les positions qui me soulage le plus. Je patiente, je prends les contractions comme des vagues qui viennent et qui s’en vont.

Ça fait mal, j’ai envie de pleurer, oui même si je n’en ai pas trop parlé précédemment, les contractions sont douloureuses et parfois donnent envie de pleurer ou de dire des mauvaises paroles.

Il y a aussi la phase de désespérance, un bon signe ! Cela veut dire que l’expulsion est proche, la phase de désespérance c’est quand on n’en peut plus et qu’on commence à perdre pieds, à crier ou à dire n’importe quoi, ou quand on ne peut plus dire un mot. Eh oui la douleur est là, mais il faut l’accepter, et l’endurer, car elle nous rapproche de la fin, elle nous rapproche de notre cadeau : notre bébé.

J’ai donné naissance de mon 10ème enfant à la maison, dans la pièce que j’avais choisie, tout près du reste de ma famille, en toute tranquillité et sérénité, encore une fois à quatre pattes en compagnie de mon époux qui a réceptionné le bébé. J’ai cependant ressenti une différence par rapport à mon précédent accouchement : l’expulsion a été plus douloureuse, la poche des eaux a tardé a éclaté, du coup j’étais sèche quand la tête du bébé a commencé à sortir.

(Expérience accouchement physiologique)

11ème Naissance

La naissance de mon 11ème enfant s’est passée une fois de plus différemment. Cette fois-ci je languissais, j’avais trop hâte de donner naissance. Sans peur, confiante, prête plus que jamais, j’avais envie de profiter de ces instants, d’écouter mon corps !

Oui mon corps allait me parler, m’indiquer les étapes, j’avais envie de l’entendre. J’avais aussi envie d’être seule. En principe j’ai envie d’être seule pour passer les contractions douloureuses, je demande toujours à mon époux de partir et de me laisser, et je l’appelle juste au moment où
je sens que j’arrive à l’expulsion quand le corps commence à pousser et que je sors des sons graves.

J’ai besoin d’être dans ma bulle, et puis je n’ai pas envie qu’il voit mes grimaces et mes positions plus que douteuses, car pour soulager il faut innover, inventer des positions qui calment. Cette fois j’avais envie d’être seule jusqu’au bout, jusqu’à la fin, jusqu’à l’arrivée du bébé.

J’ai accepté les contractions douloureuses. Je savais que j’en avais besoin pour avancer. J’étais à l’écoute de mon corps, j’étais dans ma bulle, j’y prenais presque du plaisir. Tout est arrivé vite, d’ailleurs, car en faisant un passage aux toilettes je n’ai pas eu le temps d’en sortir, j’étais debout, je sentais la tête qui descendait.

J’ai attrapé un vêtement, je me suis positionnée, je savais exactement ce que je faisais, mes gestes étaient sensés, je contrôlais la situation. J’ai ressenti le moment de la poussée (poussée involontaire), la tête est sortie, j’ai posé ma main sur la tête de mon bébé et j’ai attendu que le reste du corps sorte tout seul, hop il a glissé, je l’ai réceptionné avec le vêtement pour qu’il ne me glisse pas entre les mains (le bébé est très glissant à sa sortie).

J’avais mon bébé dans les bras. La joie, le bonheur, la réussite, la puissance d’être une femme, la fierté, le pouvoir de donner naissance, la force, un moment exceptionnel

(Expérience naissance sans assistance)

Voilà mon chemin vers l’enfantement. Enfin je peux dire que j’aime donner naissance. J’aime enfanter !

K.