Se pardonner, s’aimer, oser être soi

Histoire d’un pur moment de grâce. Deux mois avant le séminaire live, j’avais surtout intégré le programme de l’Académie ZéroLimite parce que je voulais reprendre de zéro mon projet de business en ligne. Dans un Facebook live où Martin Latulippe et François Lemay faisaient le teasing de l’imminente fermeture, Martin m’avait répondu en direct : « Travaille les fondamentaux pour aller vers ton excellence ». Bingo ! Il me parlait exactement de mes valeurs. Alors j’ai embarqué, sans savoir que j’allais aller bien plus loin que le projet de départ…

1er juin 2018. Vendredi, premier jour du live à La Villette Paris. Lorsque Robert Savoie monte sur scène, je prends de plein fouet une conférence brillamment construite, mais surtout l’incroyable vulnérabilité qu’il ose sur scène. OMG ! Une salle de plus de 900 personnes, connectée à chaque moment fort, le porte dans l’enthousiasme au point de se lever. Et dans sa façon d’être, c’est aussi lui qui est derrière chacun.

Je suis bouleversée par son sujet. Celui-là même qui peut sembler impossible, qui est de pardonner à l’assassin de son père. Plusieurs fois je pleure, non de l’histoire elle-même qui me touche bien évidemment, mais de ce que ça touche en moi… C’est comme une grâce énergétique.

Quelques heures plus tard, en retard après une pause, tournant la tête avant d’ouvrir la porte qui mène à l’amphithéâtre, j’aperçois Robert derrière le petit pupitre où il dédicace son livre aux longues files d’attentes. Je me dis que c’est l’occasion de lui parler. « Non, c’est osé, de le déranger là maintenant, il discute avec quelqu’un, enfin voyons » : chut ! tais-toi le hamster, si je n’ose pas lui parler là je risque de le regretter ! Alors je m’élance. J’ose approcher. Quand il me voit je fais un geste mimant que je ne prendrais pas trop de son précieux temps. Un surveillant veut s’interposer mais d’un regard Robert dit ok. Et je respire soudain mieux. Enfin juste le temps d’une inspiration. Car soudain devant lui l’émotion me submerge !

— « Promis, je ne reste que deux minutes. Bonjour, je … »
— « Comment t’appelles-tu ? »
— « Sophie », dis-je dans un timide sourire. « Voilà, je voulais te dire que ta conférence était formidable, même si des centaines de personnes font de même. Je ne peux pas tout expliquer en une seconde, mais une personne m’a fait beaucoup de mal et ta conférence m’inspire beaucoup. Merci. Vraiment merci ! Vraiment ! »
Je reçois alors un câlin chaleureux inestimable, puis j’ajoute : « Sans vouloir abuser de ton temps précieux, peut-on faire un selfie ? ». Non seulement j’en ai pris un mais j’ai aussi osé prendre mon émotion sur un deuxième. J’ai remercié encore les mains jointes, au bord de pleurer, et je me suis envolée vers la conférence suivante qui avait déjà débuté.

Cette première photo avec Robert grave l’instant …
Et sur la deuxième, j’ose ma vulnérabilité …

J’aime fort ces deux clichés plein d’émotion ! Quel souvenir ! L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais le lendemain, alors que j’accompagnais un ami dans la file d’attente de ceux qui voulaient rencontrer Robert, je me suis de nouveau retrouvée tout près de lui. « Rhooo, tu ne vas pas encore aller lui parler, c’est abusé, tu l’as vu hier, et il y a plein de gens qui attendent » Chut ! tais-toi le hamster, je n’ai pas besoin de faire une photo je vais juste lui parler une seconde ! Et sans savoir d’avance ce que je vais dire je ressens vraiment fort que je dois lui parler. Lorsque mon tour arrive soudain, le flot des émotions remonte. Je regarde Robert dans les yeux et les mots sortent tout seuls :

— « Robert, comment fait-on pour pardonner ? Je veux dire, tu vois, la personne dont je disais hier qu’elle m’a fait du mal, elle a cherché à me détruire ! J’ai failli en mourir ! Un assassin c’est un humain en somme, mais tu vois un pervers-narcissique-manipulateur il n’est pas cablé pareil, il a un autre ADN, il n’a pas d’empathie et n’en aura jamais ! Tu ne peux pas transformer ça ! Comment c’est possible de pardonner à une telle personne ? » dis-je en sanglotant.

Je regarde toujours les yeux de Robert quand il me dit : « Tu dois te pardonner à toi même. Il t’a permis d’être là où tu es aujourd’hui tu comprends ? (oui ça je sais oui et je suis fière de moi mais…). Et tu es en résistance ! (woaw, je n’avais jamais vu les choses sous cet angle.) Si tu te pardonnes à toi, alors le reste sera évident ».

Je le regarde en silence. Son regard est spécial. Au-delà de la compassion. Et malgré le bruit de foule autour de nous, la densité de cet instant de silence me marque. J’intègre cette révélation. Je vois dans ses yeux qu’il a en lui l’amour inconditionnel ! Je vois qu’il me montre le chemin de m’aimer moi-même juste avec un regard. Et ça crie au dedans de moi ! « Il ne me connait pas ! Il ne me connait PAS ! Et il est dans l’amour inconditionnel pour ma petite personne !!!? ».

Chavirée d’émotion de ce que je viens de comprendre, je me tors les doigts et lui dis dans un flot de paroles : « Oui je comprends, je comprends, je comprends… ». Je le répète plusieurs fois comme à moi-même tout en m’accrochant à son regard. Puis il me prend dans ses bras et comment dire… Tu sens la vibration de la Terre, de l’Univers, la Paix en toi quelques instants, et tu sais que tu l’as en toi et que tu pourras le retrouver après, que dès lors tu vas t’aimer comme tu es, que l’amour inconditionnel existe déjà là, pas dans une heure, mais là, maintenant, immédiatement.

Le câlin se termine, je remercie, plusieurs fois. Je fais quelques pas de côté pour laisser d’autres personnes avancer. Je récupère mon sac. Je pleure sans m’arrêter. Et je réalise qu’il m’a dit de lui écrire, de donner des nouvelles. Et moi je suis dans une telle émotion ! « Oh non, lui écrire, penses-tu ! On ne dérange pas les gens ! Je n’oserai pas ». Je ne me rends pas compte que je parle à haute voix. Une femme à côté me regarde avec bienveillance et me dit que si, bien sûr que je peux lui écrire s’il l’a dit, que c’est son travail. J’accueille encore ce cadeau. Je prends une photo de moi à cet instant et la poste sur mes réseaux avec cette légende : « Quelqu’un m’a demandé ce qu’était la vulnérabilité… Voilà, c’est ça ! ». Je me sens touchée, bouleversée, enthousiaste, et ancrée à la fois. Se sentir être, juste être, c’est comme accueillir davantage de lumière en soi.

J’ai compris qu’il ne me manquait rien. Et en rentrant je n’ai plus focusé sur le manque de sous, la peur d’oser publier mon roman, la question de savoir quelle voie choisir entre mes passions. Je me suis réveillée lundi matin, certes fatiguée d’un rythme soutenu et du voyage mais, comme connectée au centre. J’ai envie de ma vie comme une aventure : prendre le début de chaque journée avec joie, créer et avancer mes projets en conscience… ou oser tout annuler au dernier moment pour créer une fantastique journée imprévue !

Comme cette journée, peu après mon retour, où j’ai osé faire un Facebook live avec une amie sur des sujets inédits considérés comme les trois sujets tabous de notre société : sexualité, argent, mort. J’ai osé dire que j’allais publier un roman érotique, j’ai osé parler d’argent et comment j’avais fait l’exercice de la conférence de Christian Junod, j’ai osé parler de la mort d’un de mes foetus morts-né et comment j’ai vécu sa non-venue en paix. C’est très nouveau pour moi d’oser tout cela sans me cacher derrière un pseudo, c’est un peu étrange de constater que je me détache de mieux en mieux de comment je vais être perçue. Je suis dans l’effervescence, l’heureusité et la conscience d’un nouvel ancrage apaisant.

Ça fait sept jours que j’ai écrit cet article et que je me demande si je vais le publier avec le dernier paragraphe… Eh bien oui. Je vais oser cela aussi. Parce que oser être soi c’est s’aimer sans condition et s’abandonner à son propre pardon.

Robert, MERCI !

{Article initialement publié sur Facebook le 17 juin 2018}

⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ Si vous aussi vous souhaitez entendre Robert Savoie en conférence, il fait sa quatrième tournée en France fin mai 2019. Réservez votre place sur ce lien : www.ta-voie.com

Sophie Lavois

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